lundi 22 février 2016

Quand un cadeau de Noël verse dans la caricature

Un cadeau de Noël Barbedor qui a de la gueule

Je m'aperçois que je n'ai pas raconté comment j'ai participé à un cadeau de Noël original. Cela mérite pourtant des explications car je ne connaissais ni celui qui offrait le cadeau ni celui qui le recevait. Et pourtant j'ai été au centre de la fête puisqu'au pied du sapin il y a eu une caricature Barbedor !


À Noël aussi on peut se payer votre tête !


Il m'est déjà arrivé de réaliser des caricatures pour des anniversaires, mais c'est la première fois que j'ai été contacté pour un cadeau de Noël. Pour cette occasion, la recherche d'un cadeau original est souvent une corvée. Une caricature, voilà une idée qui sort de l'ordinaire ! En s'y prenant plus d'un mois en avance, mon commanditaire était sûr de recevoir sa commande à temps. Deuxième attention très appréciée, il m'a envoyé un jeu de photos de bonnes qualités montrant le sujet sous des angles variés. Des conditions idéales en somme pour un travail à distance réussi.


Caricaturer le sujet à loisirs


En plus de la représentation physique, une indication enrichissait la connaissance du personnage. Celui-ci est paraît-il pratiquant passionné de volley ball. Ce renseignement m'a permis de jucher la grosse tête sur un corps bien en relation avec la personnalité du sujet. Il ne restait plus qu'à ajouter un petit gag pour rendre la caricature encore plus amusante. L'humour est toujours apprécié, à condition qu'il ne soit pas là pour masquer une mauvaise ressemblance. J'ai été rassuré sur ce point par le commanditaire pleinement rassuré du résultat. J'espère qu'il en a été de même de celui qui recevait le cadeau. Mais ça, je ne le saurai jamais…

samedi 20 février 2016

Une caricature comme portrait d'ancêtre

Robert Surcouf par son descendant Barbedor


Une fois n’est pas coutume, je me suis attaqué avec cette caricature Barbedor à un membre de ma famille. Celui-ci ne pourra pas apprécier ou me reprocher le résultat, étant décédé depuis fort longtemps. Mais quand on a un ancêtre célèbre, il n’y a pas de raison de laisser à d’autres le plaisir d’en tracer la caricature.

Robert Surcouf, corsaire et grande gueule


Pour les Malouins d’abord et les Bretons ensuite, Robert Surcouf est une célébrité et une fierté. L’homme qui a acquis gloire et fortune sur les mers comme capitaine corsaire en est devenu la figure la plus connue du grand public (bien que celui-ci connaisse rarement la distinction entre corsaires et pirates). Le fait d’avoir réalisé ses plus grandes victoires aux dépends des Anglais ne peut que le rendre encore plus sympathique. Robert Surcouf a acquis la réputation méritée d’un homme chevaleresque et généreux. Mais à voir son physique de lutteur et la violence des combats au sabre lors d’un abordage, il devait être terrible en pleine bataille.

Une caricature à l’ancienne



Représenter un personnage disparu avant l’invention de la photographie ne peut s’appuyer que sur des tableaux. Quelques portraits représentent Robert Surcouf. Sans doute ont-ils été enjolivés, il est impossible de le savoir. Pour m’approcher d’un aspect gravure, j’ai eu l’idée de réaliser sa caricature en noir et blanc avec un stylo bille. La noirceur du rendu m’a paru correspondre à la fumée des combats. Les Britanniques me pardonneront de fouler au pied leur Union Jack. C’est évidemment une représentation symbolique. Et puis, comme on le chante depuis en mémoire de Robert Surcouf : “Et merde pour le roi d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre !“

mercredi 10 février 2016

Caricaturer, oui, mais où mettre l'accent ?

Caricature d'une femme du sud… et qui le revendique.

Le sujet du jour  nous prouvera que tout n’est pas caricaturable. Pourtant, cette nouvelle caricature Barbedor semble respecter les fondamentaux du genre. Mais pour une fois, la retranscription même réussie des éléments physiques ne suffisaient pas. En effet, comment réussir le portrait complet d’une personne quand l’une de ses caractéristiques n’est pas physique mais sonore ?

Caricaturer une femme sans être méchant


Le premier défi à relever reste naturellement visuel. La caricature d’une femme, jeune de surcroît, n’autorise pas les excès d’exagération. À part se faire plaisir au détriment d’une personne de qui l’on souhaite se venger (ce qui n’est pas le cas). La féminité du sujet peut disparaître sous la charge du dessin. La jeunesse, encore plus, nécessite du doigté dans la précision des détail. Même si elles commencent parfois à être décelables, les premières petites rides sont encore légères. Les renforcer avec son crayon apportera trop d’années d’un coup. Il ne s’agit pas de les gommer, comme les femmes le souhaitent souvent, mais de ne pas en rajouter au delà du nécessaire. Une femme de 30 ans doit être reconnue comme telle aux yeux de tous.

Donner à voir à défaut d’entendre la caricature


Une particularité de cette personne saute aux oreilles dès que l’on fait sa connaissance. En effet, native du sud de la France, un délicieux accent provençal colore ses paroles. Je risque d’ailleurs de m’attirer des reproches car si j’utilise l’appellation provençale par commodité, cette jeune femme nous vient en fait de la camargue, ce qui est géographiquement différend. Mais pour un breton, l’accent chantant évoque suffisamment les cigales pour qu’il s’y trompe un peu.

Plutôt que d’utiliser une bulle remplie de texte “ave l’assent“, j’ai visualisé le caractère géographique avec un flamant rose, symbole représentatif de la camargue s’il en est. Je l’ai installé d’une manière très complice, avec un petit clin d’œil au flamant utilisé par Alice pour jouer au croquet. Mais après tout, la Camargue est aussi un “pays des merveilles“ !

vendredi 5 février 2016

Un mariage qui a de la gueule

Je ne vous ai pas raconté mon dernier mariage. Il ne s’agit pas du mien, bien sûr, mais de celui où j’ai été embauché pour "croquer"en live les heureux mariés et les joyeux convives.

Les mariés heureux avec leur caricature Barbedor

J’ai eu le privilège d’apparaître comme un cadeau surprise lors d’un mariage où 
je ne connaissais absolument personne. J’ai en effet été recruté en secret par la 
sœur du marié pour apporter une animation originale à la fête avec les caricatures Barbedor. L’intention était charmante, il me restait à satisfaire les attentes.
Quand je dis les attentes, le pluriel ne s’impose pas vraiment puisque personne 
n’était au courant de ma venue. Il m’a donc fallu en préambule expliquer ma 
venue ainsi que le carnet à dessins dans mes mains.

Un sourire à croquer


Le père de la mariée ne pouvais éviter sa caricature


Une course de caricatures avec obstacles


La caricature d’après nature, tout le monde connaît. Nombreuses sont les cités touristiques occupées l’été par des caricaturistes promettant aux vacanciers de 
réaliser en direct leur caricature. Le talent des artistes est varié, mais au moins les volontaires se plient de bonne grâce à un immobilisme total le temps du dessin. 
Les conditions sont autrement différentes lors d’un repas de mariage. Les défis de rapidité, de ressemblance et d’adhésion au résultat sont les mêmes, mais le caricaturiste doit les surmonter avec des handicaps. Premièrement, les invités 
d’une noce ont d’autres priorités que de s’immobiliser pour un artiste. Le plat dans leur assiette, la conversation de leurs voisins de table sont autrement plus intéressants. À cela s’ajoutent des lumières plus ou moins tamisées et des interruptions fréquentes pour laisser la place à toutes les animations prévues par 
la famille et les amis.
Un témoin de mariage… et de caricature réussie

Un excellent entraînement de caricaturiste



L’exercice requiert donc une bonne pratique et une concentration maximum. 
Pas le droit à plusieurs essais. L’analyse des structures du visage, ses lignes de 
forces, ses principales caractéristiques mais aussi ses détails notables sont à saisir 
très rapidement. En essayant de ne pas se tromper. Et en les conservant lorsque 
le convive bouge, mange et parle. Dans ce cas, mon talent de caricaturiste ne peut s’exprimer au maximum et je ne vais pas aussi loin que je le souhaiterais. Mais je 
ne peux me permettre de perdre en route la ressemblance de la "victime" à ses 
yeux (ce qui est rare) et surtout à ceux de ses proches qui en feront le succès.

Au final une expérience toujours intéressante et très formatrice. Et le plaisir incomparable de voir ses œuvres signées Barbedor participer à la joie de la fête… 
et, je l' avoue, d’être félicité pour son talent.


lundi 1 février 2016

David Bowie, une bouille à facettes

David Bowie par Barbedor


La disparition soudaine de David Bowie a privé la musique d’un artiste multiple. On retiendra, outre ses chansons et albums, la diversité de ses looks. David Bowie, créateur protéiforme, a existé au travers de nombreux personnages. Coupes de cheveux, maquillages, tenues de scènes, tout était chez lui savamment étudié. Une seule chose ne changeait pas, reconnaissable entre mille, la dissemblance de ses yeux. Comment cet homme aurait-il pu être monostyle alors qu’il regardait la vie avec deux yeux si différents. L’un, bleu, avec une petite pupille de chat. Si lumineux et si séducteur. L’autre beaucoup plus sombre, mangé par sa pupille comme envahi par un trou noir. L’œil d’un homme qui laisserait apparaître son côté obscur.

Caricaturer la beauté, ce n’est pas simple


La caricature d’un tel artiste paraît donc facile. Il suffirait de choisir l’un de ses looks les plus improbables, aisément reconnaissable. Pourtant, une approche plus réfléchie met au jour quelques difficultés. Tout d’abord, David Bowie est beau. Cette évidence une fois posée, tout caricaturiste sait qu ‘il n’y a rien de pire qu’un visage aux traits réguliers. Le visage de jeunesse de Bowie, fin et lisse, en est même androgyne. Ensuite, je ne suis pas sûr que la déformation d’un style, fut il capillaire, apporte une solution intéressante. Le résultat serait réducteur et en tout cas passablement passéiste.

Une caricature Barbedor d’un nouveau style



Voici pourquoi j’ai choisi de le représenter tel qu’il était de nos jours. Avec son visage d’ange un peu plus marqué par l’âge. Avec une empreinte de la vie posée sur une “gueule“ inoubliable. Et par dessus tout un regard à nul autre pareil, qui méritait à lui seul d’être représenté en couleurs. Cette couleur qui prend toute son importance en restant limitée aux yeux, le reste du visage se contentant aisément du noir et blanc. Une caricature construite par des coups de pinceaux, comme un tableau. Pour célébrer un tel artiste, je ne pouvais faire moins.

mardi 28 janvier 2014

#17 Du front au menton



Les deux extrémités du visage l'encadrent comme des parenthèses. Mais à la grande différence de ces signes, l'encadrement se fait très rarement de manière symétrique et dans une caricature encore moins.
Tout l'intérêt du bon équilibre de la caricature tient justement à la justesse du placement des éléments intérieurs du visage vers l'un ou l'autre de ces deux pôles. 
Le front parait souvent moins important qu'il ne l'est en réalité, ne serait-ce parce qu'il est souvent tout ou partie dissimulé par les cheveux. De plus, les éléments qui attirent en premier dans un visage (les yeux, le nez, la bouche) sont positionnés dans la moitié inférieure et donc plus près du menton.
Sans aller jusqu'à faire de la morpho-psychologie grossière, il est vrai que l'on associera plus facilement un front large et haut à une personne perçue comme intelligente. Même si, surtout chez les hommes, la calvitie en est la principale cause avec l'âge. Le front profitera encore d'une physionomie caractérisée par un petit menton, permettant au dessinateur de le gonfler tel un ballon de baudruche la pointe vers le bas.
À l'opposé, un menton important et souvent perçu, même si c'est faux, comme le signe de la présence d'une forte volonté, d'un grand caractère, une force sportive ou guerrière… Mais cela peut être aussi en raison d'une très grande bouche ayant besoin de place.
Dans les cas extrêmes, un grand front associé à un petit menton donnera un aspect intellectuel (voire savant) sans signe de caractère.
Et un menton important surmonté d'un front tout petit renverra au sportif prétendument sans cervelle, au personnage tout en bouche, à la force.
Faites ce jeu de temps en temps : déplacez mentalement l'ovale du visage de votre vis-à-vie vers le haut et vers le bas. Votre perception de son visage changera du tout au tout. Mais essayez de retenir votre rire.